Sur le radar: The Angelic Process – « Weighing Souls With Sand »

Une nouvelle chronique pour Métalloïdes, « Sur le radar » présentera des groupes ou des artistes méconnus et actuels qui, selon moi, méritent d’être découverts. Et quel meilleur exemple que The Angelic Process. Ce duo de Macon, en Georgie, a lancé en 2007 son troisième album, Weighing Souls With Sand, sur la remarquable compagnie ontarienne Profound Lore Records.

Weighing Souls With Sand s’inscrit dans un des plus récents courants métal: le metalgaze (ou doomgaze, ou drone-doom-ambiant-shoegaze ou whatever; la terminologie exacte reste encore à déterminer). Ce style commence à prendre de l’ampleur dans l’underground , grâce à des groupes comme Jesu, Alcest, Minsk, etc. Pourtant, The Angelic Process ne ressemble pas vraiment à ces autres formations. Si, comme elles, il incorpore le côté éthéré du shoegazer rock dans sa musique, il la combine plutôt avec l’écrasante puissance du funeral doom, au lieu d’un doom métal plus traditionnel. Certes, les étiquettes, dans le monde de la musique, sont généralement restrictives: par exemple, des termes comme black métal ou death métal ne parviennent pas à représenter l’éventail des différences à l’intérieur d’un même genre. Mais d’un autre côté, il m’apparaît important de trouver des mots pour que les gens puissent échanger sur un phénomène et ainsi espérer en arriver à une intercompréhension.

Si vous n’aimez pas la musique lente, évitez ce disque. Ici, pas de structures familères, que des segments brodés les uns aux autres, alternant entre le métal le plus lourd et les sons planants les plus exquis. Weighing Souls With Sand s’écoute d’une seule traite, comme une seule longue pièce; il ne s’agit pas d’un album à chanson. La musique y avance avec une lenteur sédative. De la morphine sonore, qui paralyse et amène une sensation de léthargie euphorique. La production renforce cet effet, à travers une distorsion ultra-fuzzé et des couches et des couches de guitare. Étouffées sous ce mur de guitare, les voix de K. Angylus et MDragynfly évoquent des échos, venus d’on-ne-sait-où. Cette production ne conviendrait pas à la plupart des groupes métal, car elle met l’accent sur la disparité entre les instruments. Mais pour The Angelic Process, elle réussit à rendre l’atmosphère à la fois oppressante et extatique recherchée.

Malheureusement, pour l’instant, l’avenir de The Angelic Process demeure incertain, car le duo a décidé de faire une pause. C’est dommage. J’espère qu’il lancera éventuellement d’autres albums, car il a développé un son unique. Une rencontre entre la beauté et le chaos.

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