Heavy Mtl: la critique

La poussière retombe sur la première édition de Heavy Mtl. J’ai assisté aux spectacles du 21 juin et j’ai adoré mon expérience. Bien sûr, je n’ai pas tout aimé, mais dans l’ensemble, les points positifs l’emportent sur les points négatifs. Les points positifs, donc: beaucoup de monde (22 500, selon Cyberpresse), beaucoup de soleil, beaucoup de musique. Beaucoup de jolies filles. Beaucoup de mullets et de t-shirts vintage d’Iron Maiden – j’en ai même vu un de 1983; il était ainsi plus vieux que bien des spectateurs! Beaucoup de tatouages, dont certains très audacieux: je n’oublierai pas de sitôt la fille au logo de Metallica tatoué dans le bas du dos. Le logo récent, en plus… weird!! 

Les points négatifs: je perdais et retrouvais mes amis, au fil des heures, dans les mouvements de foule; les prix exorbitants pour l’eau (3,75 $), la bière (à 5,75 $ le verre; et comme un con, j’en ai bue plus que j’aurais dû) et la nourriture. Beaucoup de coups de soleil pour beaucoup de spectateurs; j’en ai moi-même attrapé un léger sur les épaules et sur le nez, malgré le fait que j’avais mis de la crème solaire. Enfin, j’ai conclu qu’un ado, c’est vraiment laid. Il n’a plus la délicate grâce de l’enfance et n’a pas encore les traits matures d’un adulte. Un mutant.

La musique, maintenant. Les déceptions: 3 Inches Of Blood, Mastodon, Type O Negative. Les musiciens de 3 Inches Of Blood avaient l’air heureux d’être à Montréal, mais je ne partageais pas leur joie. J’avais l’impression d’entendre un lecteur de disques bloqué sur Repeat, tellement les pièces se ressemblaient. En outre, l’un des chanteurs a une voix aiguë, Halford-esque. Toutefois, si Halford excelle avec cette voix, c’est qu’il l’utilise avec parcimonie. Cam Pipes devrait en prendre bonne note. Je ne comprends pas l’engouement pour 3 Inches Of Blood; un groupe correct, mais dans le power métal, être correct, ça ne veut pas dire grand chose.

Malgré leur statut de tête d’affiche dans bien des tournées, les gars de Mastodon semblaient mal à l’aise sur une aussi grande scène, ils ne bougeaient pas. Ils jouaient, point. Dommage. J’aurais pu rester chez moi à me taper Blood Mountain en boucle et le résultat n’aurait pas été très différent. Dire que j’avais très hâte de les voir, surtout la pieuvre Brann Dailor. J’ai tout de même rocké pendant Colony Of Birchmen et March Of The Fire Ants. En voilà, des bons riffs.

Je n’ai jamais été un fan du métal gothique de Type O Negative et ce que j’ai vu des Brooklynois n’a pas changé mon opinion. C’était… statique. La musique était décente, mais elle doit mieux passer quand le groupe joue à la noirceur. Il y a alors concordance entre les ambiances. Je dois avouer que j’ai apprécié Black No. 1, mais c’est parce qu’elle m’a rappelé certaines soirées bien arrosées au Graffs à Sherbrooke, vers 1995-1996, quand cette pièce y jouait tous les soirs.

Par ailleurs, je n’ai pas vraiment regardé Lauren Harris, Symphony X et Dethklok. Lauren Harris n’était là que grâce à son célèbre père. Je comprends la fierté de Steve Harris à l’idée de jouer lors du même événement que sa fille, mais bon, ça n’améliore pas la musique de celle-ci. Honnêtement, je n’ai pas vu une seule seconde du spectacle de Lauren Harris; je me trouvais à la séance de signature d’Unexpect, un bien meilleur choix. J’ai tout de même entendu ses pièces mélangeant classic rock et power pop et elles ressemblaient à celles de centaines, voire de milliers de groupes qui n’ont personne pour les ploguer dans de tels événements.

En revanche, j’aime bien le métal progressif de Symphony X. Cependant, j’avais déjà vu le quintette en spectacle et je l’avais trouvé ordinaire. Sa haute qualité musicale ne se transpose pas en haute qualité de présence scénique. Après quelques instants passés à observer le groupe, j’ai vite constaté qu’il s’illustrait encore davantage sur disque que sur scène. Comme Dream Theater.

En passant, pour l’avoir croisé sur le site, je peux certifier que Gene Hoglan est fichtrement ÉNORME. Ceci dit, je n’ai pas vraiment assisté au spectacle de Dethklok. J’en ai aperçu des bribes, de loin, et je n’ai pas accroché. Un death métal mélodique typique, fade. Par contre, les vidéos sur écran géant qui accompagnaient la musique me captivaient. La bière commençait à faire effet, aussi, alors j’avais atteint cet état de je-m’en-foutisme que seul Iron Maiden pouvait dissiper.

Les satisfactions: Unexpect, OverKill, Hatebreed, HammerFall et Iron Maiden. En anglais, on dirait early climax. Quel excellent début pour ce festival: les virtuoses d’Unexpect avaient beaucoup de plaisir à jouer devant un public conquis et déchaîné, ils se promenaient sur la scène avec une intensité contagieuse, ils bougeaient comme des possédés, malgré les exigences de leurs complexes et inclassables compositions. Des bijoux comme Desert Urbania, Chromatic Chimera et Megalomaniac Trees ont complètement détruit Montréal. Et comment ChaotH fait pour jouer sa basse à neuf freakin’ cordes? Hallucinant. Oh, et la chanteuse Leïlindel est smoking hot. J’ai su que le groupe prévoit effectuer bientôt une tournée en Europe; il est plus que temps que le reste du monde découvre Unexpect, car il constitue l’un des meilleurs groupes métal québécois ever.

Oublions le fait qu’OverKill aurait dû jouer beaucoup plus tard dans la journée. Ça fait presque 30 ans que les gars font de la musique, un peu de respect, bordel!! Enfin. Solide spectacle par ces vétérans, menés par un Bobby Blitz au torse nu et au pied posé en permanence sur un moniteur. Du bon vieux thrash, avec un soupçon de mélodie. La foule a pris un malin plaisir à chanter Fuck You, durant laquelle les musiciens ont subtilement inséré War Pigs. Fait à noter, je n’avais jamais vu un chanteur quitter la scène pendant les solos de guitare. Étonnant.

C’était la deuxième fois que voyais Hatebreed. Son hybride hardcore/métal à la Victory Records me plaît, mais davantage sur scène que sur disque. L’intense chanteur Jamey Jasta sait entraîner les spectateurs dans sa bulle, dans sa passion. Les pièces se ressemblent toutes, à la longue, mais il reste malgré tout difficile de s’empêcher de headbanger en levant le poing. Inspirant.

Ouf, le chesse factor a alors atteint un sommet avec HammerFall!! Mais vous savez quoi? C’était du bon fromage. Les gars s’amusent, ne se prennent pas trop au sérieux et livrent un spectacle honnête. Responsables de la résurrection du power métal, à la fin des années 90, HammerFall verse toutefois dans l’autoparodie aujourd’hui, comme Manowar. Le public a tout de même apprécié, à en juger par sa réaction enthousiaste. Hearts Of Fire, Hearts Of Fire

Enfin, Iron Fuckin’ Maiden!!! On a eu droit à une leçon de métal, donnée par des musiciens qui pourraient être les pères d’au moins 90 pour cent des spectateurs. Deux heures de purs joyaux musicaux! Commencer avec Aces High et finir avec Hallowed Be Thy Name… wow!!! La foule chantait, hurlait, headbangeait, devilshornait, galvanisée par un excellent choix de pièces, axé sur les classiques des années 80: The Trooper, Powerslave, Run To The HillsRime Of The Ancient Mariner, Heaven Can Wait, Can I Play With Madness?, The Number Of The Beast, 2 Minutes To Midnight, Moonchild et autres. On a même eu droit à quelques explosions des feux d’artifices de La Ronde, pendant Wasted Years.

Bruce Dickinson vole le spectacle: il chante avec ses tripes, il court partout sur l’impressionnant décor, il se bat avec Eddie, il parle en français entre les pièces (et il parle bien, en plus). Les autres musiciens montrent plus de discrétion, mais c’est parfait ainsi; ils constituent la base sur laquelle Dickinson s’appuie pour offrir une expérience scénique incomparable. Je ne sais pas comment il peut, à son âge (il a 50 cette année), puiser autant d’énergie en lui. J’ai par le passé émis des doutes quant au talent de Dickinson; force m’est d’admettre aujourd’hui que même si sa voix m’irrite parfois, il possède une prestance extraordinaire.

Puis, trop vite, ce fut la fin. Deux heures qui ont passé comme deux secondes. Iron Maiden a fait preuve de générosité et le public le lui a bien rendu. Scream For Me, Montreal!!!!!!!!!!!!!!!

J’espère que Heavy Mtl deviendra un événement annuel: quel plaisir de voir autant de groupes, dans un contexte aussi agréable. Montréal et le Québec ont soif de telles célébrations. Et moi aussi.

Une Réponse to “Heavy Mtl: la critique”

  1. […] beaucoup aimé l’édition 2008 de l’évènement, dont j’avais fait la critique sur ce blogue. J’ai consulté la liste préliminaire des groupes pour cette nouvelle mouture […]

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