Académie des surévalués: Machine Head – « Burn My Eyes »

Quand Machine Head a lancé Burn My Eyes, son premier album, en 1994, je me souviens d’avoir lu une pléthore de critiques dithyrambiques. Borivoj Krgin, de Metal Maniacs, l’avait même décrit comme étant un des cinq meilleurs albums métal de tous les temps. OK… chacun a droit à son opinion, mais on s’entend que dans ce Top 5, il faudrait inclure au moins un album de Black Sabbath, un de Judas Priest, un d’Iron Maiden, un de Slayer, un de Metallica, entre autres possibilités. Ne serait-ce que pour leur influence majeure sur le développement du métal. Or Machine Head n’a jamais eu ce genre d’impact. Le problème du groupe réside dans le fait que sur Burn My Eyes, il n’a pas réussi à intégrer suffisamment ses influences pour en arriver avec un son propre.

J’avais acheté Burn My Eyes au moment de sa sortie. Je le trouvais très bon. J’avais donc assisté à l’arrêt montréalais – à l’Auditorium de Verdun, en fait – de la tournée Slayer/Machine Head/Biohazard, en 1995. Un des meilleurs spectacles de ma vie. Sur scène, les pièces du disque acquéraient une puissance renversante: Davidian constitue ainsi une des meilleures que j’ai vues en spectacle. Sa fin, avec son crescendo de voix et de guitares, suivi de l’arrêt synchronisé entre les instruments, puis du riff lent, groovy et ultrapesant, constitue un chef-d’oeuvre. Verdun n’avait pas été aussi démolie depuis 1916. Mauvaise blague à part, A Thousand LiesOld et None But My Own montrent le talent du chanteur/guitariste Robb Flynn et de ses confrères pour composer des pièces à la fois agressives et mélodiques. Mais Death Church? Real Eyes, Realize, Real Lies? Block? Quelconques, peu mémorables, elles gonflent un album trop long d’au moins dix minutes.

Aujourd’hui, quand j’écoute Burn My Eyes, j’ai l’impression d’entendre un album perdu de Pantera, qui se situerait entre Far Beyond Driven (1994) et The Great Southern Trendkill (1996). Or si les musiciens de Machine Head ne clonent pas ceux de Pantera, il n’en demeure pas moins que l’influence Panter-esque suinte à travers chacune des compositions du quatuor d’Oakland. La voix de Flynn ressemble beaucoup à celle de Phil Anselmo; le style des guitaristes Flynn et Logan Mader évoque celui de Dimebag Darrel (R.I.P.); le batteur Chris Kontos rappelle Vinnie Paul. Si on faisait écouter Burn My Eyes à un amateur de métal tombé dans le coma en 1993 qui se réveillait aujourd’hui, en lui disant que ceci est le nouveau disque de Pantera, il le croirait.

Au moment de sa sortie, Burn My Eyes avait fait beaucoup de vagues. On le présentait comme une révolution. Quatorze ans plus tard, je constate que le temps a joué contre ce disque. Bien que toujours très bon et pertinent, il n’aura toutefois pas eu l’impact que certains critiques lui prédestinaient.

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