Académie des surévalués: Sculptured – « Apollo Ends »

Dès son démo Fulfillment In Tragedy (1996) et son premier album The Spear Of The Lily Is Aureoled (1998 ), Sculptured a généré un fort intérêt dans l’underground. Il faisait partie des plus grands espoirs de la compagnie The End Records. Que s’est-il passé alors? La réponse simple: le groupe n’a pas atteint son plein potentiel.

Certes, Sculptured est original et ambitieux. Il propose un amalgame particulier de métal mélodique, généralement peu agressif, très européen, parsemé de voix claires et grognées, de trombone et de trompette et même de moments de jazz léger (Above The 60th Parallel et Snow Covers All) et de sifflements (Snow Covers All), le tout soutenu par des paroles sur le matin et le malaise propre à cette période de la journée.

Apollo Ends commence bien, avec Washing My Hands Of It, mais plus l’album avance, plus une impression de banalité s’installe. Les pièces plus intéressantes se retrouvent toutes au début – Washing My Hands Of It, Above The 60th Parallel, Snow Covers All et Between Goldberg -, mais à partir de la cinquième, Apollo Destroys, Apollo Creates, le disque s’enlise. À part les Melvins, peu de groupes peuvent réussir à composer un morceau captivant qui débute avec cinq minutes de bruits et de feedback. Apollo Ends ne récupère jamais de cette rupture; si l’album finissait avec une bombe, l’impression générale s’en trouverait améliorée. Or ce n’est pas le cas et on est irrémédiablement entraînés dans un univers soporifique.

Le problème se situe au plan des transitions entre les différentes parties:  elles manquent de force, d’impact, de sorte qu’après plusieurs écoutes, on en vient à prévoir les différents segments, mais on ne les anticipe pas avec toute l’impatience qu’une composition bien construite arrive à susciter chez l’auditeur. Cette situation se produit même dans les meilleures pièces. Et c’est ce qui est le plus cruel: Sculptured crée de bons riffs, de bonnes mélodies, mais il ne parvient pas à en sculpter (oui, le jeu de mots est voulu) une oeuvre cohérente, aboutie, irrésistible. Apollo Ends est un disque que j’aurais vraiment voulu aimer.

Essentiellement un projet de Don Anderson, Sculptured a lancé son troisième album, Embodiment: Collapsing Under The Weight Of God, en 2008, avec des membres de Winds, d’Estradasphere et d’Agalloch, dont fait aussi partie Anderson. Et bien franchement, Agalloch est un groupe supérieur à Sculptured à tous les niveaux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :