Vinylophile: Candiria – « Deep In The Mental » 7″

Décrire le son de Candiria s’avère difficile; c’est comme si un batteur de Primus (n’importe lequel) avait rencontré Fredrik Thordendal dans une soirée d’improvisation jazz et qu’ils avaient ensuite décidé de former un groupe avec un vocaliste de death métal influencé par Jeff Walker.

Des deux pièces de Deep In The Mental (1995), un 7″ sur vinyle rouge translucide lancé sur la compagnie Devastating Soundworks, je préfère Elevate In Madness. Elle représente à merveille l’approche labyrinthique et éclatée du groupe. L’autre, Temple Of Sickness, constitue aussi une oeuvre inspirée, mais sa fin manque un peu de puissance.

Il faut le dire: Ken Schalk est un batteur remarquable. Je l’ai vu en spectacle et j’avais l’impression qu’une pieuvre se trouvait derrière la batterie, tellement il semble jouer partout en même temps. Il possède un extraordinaire sens du groove; vraiment, il serait tout à fait à sa place dans Primus.

Les autres musiciens n’ont pas à rougir non plus;  les guitaristes Chris Puma et Eric Matthews génèrent des riffs massifs, percutants, rythmés. Matthews et Schalk se partagent également les immenses lignes de basse – parfois même de basse fretless; ils créent une solide fondation sur laquelle les autres membres peuvent construire des pièces très élaborées, denses, qui naviguent entre le métal, le jazz et la musique expérimentale. Enfin, le vocaliste Carley Coma grogne avec une certaine clarté et ses efforts complètent avec brio un ensemble déjà très riche. Plus tard dans la carrière du Candiria, il incorporera même des segments de voix hip hop dans le son unique du groupe.

Candiria parvient à entrer dans une seule pièce ce que bien des groupes entrent dans plusieurs morceaux, voire dans un album. Sa musique change constamment, de sorte que chaque composition devient un voyage sonore. Cette démarche se révèle périlleuse, car elle peut mener à un résultat décousu et prétentieux: les musiciens peuvent alors donner l’impression de simplement vouloir épater l’auditeur par un éclectisme faux, surintellectuel, sans émotion. Candiria évite heureusement ce piège, grâce au talent formidable de ses membres.

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