Critique: AC/DC au Stade olympique

Le 8 août 2009. Date du retour du légendaire groupe hard rock AC/DC à Montréal, après neuf ans d’absence. Le Stade olympique allait servir de théâtre à ce retour très attendu. J’avais acheté mon billet des mois à l’avance, pour être sûr d’y assister. Je rêvais de ce moment depuis dix-huit ans. Inévitablement, je m’étais forgé de très hautes attentes. Ont-elles été comblées? En gros, oui. Mais. Car il y a des mais…

La formation irlandaise The Answer a donné le coup d’envoi de façon peu convaincante. Hard rock typique de bar, Led Zeppelin-esque, correct mais sans éclat. De toute manière, la barre était impossiblement haute; tout le monde était là pour AC/DC, point. Et tant qu’à voir des pourvoyeurs de hard rock irlandais, j’aurais préféré Thin Lizzy.

Puis, l’attente. J’en ai profité pour examiner la gigantesque scène et ses composantes. En plus de tous les éléments d’éclairage, les écrans vidéos et les structures qui les supportaient, une passerelle de plusieurs dizaines de mètres de long s’avançait dans la foule et des accessoires représentatifs de l’iconographie d’AC/DC complétaient le décor: une grosse cloche (la Hell’s Bell), un train géant, une énorme poupée gonflable, des canons (pour For Those About To Rock (We Salute You), etc. Ces accessoires ont tous été utilisés aux instants appropriés. Baignant dans cet esprit de démesure, les cinq complices ont envahi la scène, au son de Rock N ‘ Roll Train (tirée de Black Ice – 2008 ). Les spectateurs ont alors eu leur premier orgasme auditif. Une délicieuse électricité saturait l’ambiance, le voltage était high. Un début en force.

En tout, le quintette a joué vingt chansons, rappels inclus. Bien qu’il soit difficile pour un groupe avec autant d’albums  de livrer toutes les pièces que le public aimerait entendre, les musiciens ont tout de même interprété avec conviction certains de leurs plus grands classiques : Dirty Deeds Done Dirt Cheap, Thunderstruck, Hell’s Bells, You Shook Me All Night Long, T.N.T., entre autres. Le rappel a constitué de Highway To Hell et For Those About To Rock (We Salute You). Les amateurs chantaient avec un enthousiasme contagieux, vraisemblablement nourri par l’alcool et le cannabis (oui, ça fumait dans le Stade). Par ailleurs, le volume atteignait 115 decibels, soit un peu moins que le niveau Manowar, mais plus que celui de nombreux groupes. C’était puissant. Et parfait.

J’ai trouvé que le choix des chansons démontrait généralement un soin méticuleux, sauf qu’enfiler deux nouvelles (Anything Goes et Warmachine) et une obscure (Dog Eat Dog, de Let There Be Rock – 1977) coup sur coup, au début du deuxième tiers du spectacle, était une mauvaise idée. Le rythme de l’évènement en a été affecté. Je reconnais la légitimité pour des musiciens de vouloir jouer des nouvelles pièces et d’autres plus obscures, mais le résultat aurait été plus heureux si elles avaient été mieux réparties, au lieu d’être ainsi concentrées. Qu’importe, je semblais être un des seuls à penser de la sorte parmi les 53 000 spectateurs, à en juger par la réception délirante accordée aux rockers australiens après chaque chanson. Sur le moment et après le spectacle, j’étais déçu par cette cassure dans le rythme et je l’ai abondamment mentionné à mes ami-es (que je remercie pour leur patience… ha ha!), mais avec du recul, j’attribue cette réaction aux effets d’un surplus de bière. D’ailleurs, dix-neuf personnes ont dû être traitées pour une intoxication à l’alcool. À 7,75 $ la bière, ça fait cher pour se retrouver à l’infirmerie.

Le guitariste Angus Young et le chanteur Brian Johnson bougent sans arrêt, mais le guitariste Malcom Young et le bassiste Cliff Williams restent immobiles. À vrai dire, avoir fait jouer les disques de la formation pendant que Johnson et Angus Young s’éclataient sur scène n’aurait pas altéré le déroulement de la soirée. Chaque groupe compte nécessairement des personnalités dominantes, mais les autres peuvent néanmoins adopter une certaine présence, plus discrète mais perceptible malgré tout, au lieu de complètement s’effacer comme Malcom Young et Cliff Williams.

Johnson et Young, malgré leurs âges respectables (Johnson a 61 ans; Young, 54 ), possèdent une énergie remarquable; ils bougent, ondulent, parcourent la scène avec un rare aplomb. Quantité de musiciens deux ou trois fois plus jeunes qu’eux ne sauraient rivaliser avec une telle intensité. Parfaitement à l’aise dans son rôle de leader, confiant dans ses moyens, Johnson ajoute beaucoup à la qualité scénique de la respectée institution. Je me demande toutefois s’il dort avec sa casquette; je veux dire, elle paraît greffée à sa tête. Enfin, Young, en plus de montrer son grand talent de guitariste, a effectué son traditionnel striptease et heureusement, il portait des boxeurs au logo d’AC/DC. Pas sûr que j’aurais tant aimé voir ses fesses.

Hormis les quelques points négatifs susmentionnés, j’ai beaucoup aimé ce spectacle. Considérant l’âge des membres, je crois que les chances de les revoir à Montréal sont minces. Je suis donc très heureux d’ajouter AC/DC à la liste de mes groupes préférés que j’ai eu la chance de voir sur scène.

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