Le plaisir de la redécouverte

Parfois, on ne réalise pas la qualité d’un album ou d’un groupe au premier contact. Pour diverses raisons, on ne se sent pas interpellé par ce qui parvient à nos oreilles. On laisse donc le disque ou le groupe de côté. Or ce rejet peut durer des années.

Survient alors un moment où, comme ça, on décide d’accorder une nouvelle chance à ce disque, à ce groupe. Et c’est souvent à cet instant que le déclic se produit. On commence ensuite à percevoir la construction d’un lien entre nous et la musique que l’on entend. Ce lien peut même devenir très fort, au point où on se demande comment on a fait pour ne pas saisir la splendeur du groupe la première fois qu’on l’a écouté. Manque de maturité musicale? Peut-être. Il est vrai que certains musiciens proposent un univers difficile à pénétrer, et que pour l’apprécier, il est nécessaire de d’abord l’approcher à travers des textures plus digestes. Par exemple, dans mon cas, avant de me frotter à Butchered At Birth (1991) de Cannibal Corpse, j’ai apprivoisé Arise (1991) de Sepultura.

Quoi qu’il en soit, j’ai vécu ce phénomène à maintes reprises au cours de ma vie. J’ai ainsi redécouvert de nombreux groupes sur lesquelles je n’avais pas accroché à prime abord, comme Kyuss, Melvins, Gorguts, Jesu, Bolt Thrower et plusieurs autres. Aujourd’hui, je les vénère. Le dernier en lice est Mercenary. J’avais acheté The Hours That Remain (2006) peu après sa sortie, je l’avais aimé, mais j’avais cessé de l’écouter, distrait par de nouveaux achats. Puis, depuis quelques semaines, par curiosité, je l’ai dépoussiéré et j’ai réalisé l’ampleur de son excellence. J’ai maintenant pour but d’explorer la discographie de ces Danois sous-estimés.

J’adore ce genre d’expérience. J’ai constaté avec le temps qu’il faut simplement être prêt pour recevoir certains albums. C’est pourquoi je ne jette ou ne revend jamais de disque; mes goûts évoluent de telle sorte que ce que je ne comprenais pas à une époque donnée peut éventuellement devenir une œuvre indispensable à ma collection. Le désavantage de cette philosophie? Quand vient le temps de déménager, je me retrouve avec des piles et des piles d’albums à déplacer. Au grand bonheur de ma famille et de mes ami-es.

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