Sur le radar: Bateau noir, « La sauvagerie des heures »

Le groupe montréalais Bateau noir évoque les mêmes atmosphères que Red Sparowes, mais les compresse et les transforme en doses massives d’énergie. Cette intensité rend la musique de Bateau noir plus urgente, plus percutante que celle du quintette de Los Angeles. Lorsque l’auditeur reçoit le séisme sonore, il est happé de plein fouet par la puissance des riffs. La sauvagerie des heures (2010) sonne comme At The Soundless Dawn (2005) sur les stéroïdes. Et c’est une bonne chose. Bateau noir peut ainsi plaire autant aux amateurs de Explosion in the Sky qu’à ceux de Isis.

Certains peuvent reprocher à La sauvagerie des heures sa courte durée (six pièces pour environ dix-huit minutes). Par contre, d’autres, comme moi, peuvent dire que justement, Bateau noir va droit au but: pas de fioritures, pas de détours interminables à travers des terrains prog ou ambiants, pas de solos « masturbatoires », etc. La longueur des pièces varie entre 1 minute 15 secondes (Menace) et 4 minutes 26 secondes (Sous l’envahisseur). Cette économie de riffs maximise leur impact; leurs structures sont ciselées au point de ne laisser que l’essentiel. Chaque morceau entre, fait son tour de piste et s’en va sans attendre les applaudissements. Bien que chaque composition soit de grande qualité, les trois dernières (Serpents et échelles, Sous l’envahisseur et Apocalypse ’99) se démarquent particulièrement du lot. Ces pièces doivent être vraiment brutales en spectacle, car elles peuvent alors prendre toute la place dont elles ont besoin pour exploser avec un maximum de force.

Le seul aspect de La sauvagerie des heures qui me déplaît est le choix de commencer un disque aussi court par une introduction de 1 minute et 15 secondes (Menace). La pochette parle de six pièces; il y en a fait véritablement cinq. Une introduction convient davantage à un album complet, surtout s’il s’articule autour d’un concept. Mais pour un maxi? Je ne suis pas convaincu.

Avec La sauvagerie des heures, les membres de Bateau noir ont ouvert plusieurs portes: rien ne les empêcherait de continuer à jouer avec autant d’intensité, mais rien ne les empêcherait non plus de ralentir la cadence, s’ils en avaient envie. En fait, personne ne s’en offusquerait, car ce genre de musique est propice aux rythmes plus lénifiants. Une combinaison plus nuancée de différents rythmes serait même une voie intéressante à explorer pour le groupe. Mais peu importe vers quels horizons il naviguera, ce bateau semble destiné à ne voguer que sous un ciel sans nuage noir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :