« 10 Music Rebels and Their Wildest Acts »

Matador Nights a publié cette liste intéressante de dix rebelles de la musique qui ont marqué leur époque de par leurs comportements parfois très singuliers. Bien que les dix cas présentés soient tout à fait pertinents, je déplore l’absence du punk rocker GG Allin dans cette liste. Je ne connais pas de musicien qui ait été plus loin que lui, en matière de comportements extrêmes. Certes, plusieurs ont tué (ex. Varg Vikernes), mais ces crimes étaient des épisodes uniques (et répréhensibles), pas une habitude. Or Allin exprimait constamment sa violence, autant envers lui-même qu’envers les autres.

J’ai déjà vu une vidéo de son dernier spectacle à The Gas Station en 1993, à New York. En quelques minutes, il a le temps d’arriver sur scène avec des bottes, un tutu et un casque de la Wehrmacht, de fumer et de manger un joint, de finir un 40 onces de whisky, de faire éclater la bouteille sur sa tête, de se couper avec le tesson, de prendre une cannette, de la tordre pour la déchirer avant de se mutiler avec les morceaux ainsi obtenus, de donner des coups de poing à des spectateurs, d’en recevoir de leur part, de terminer le spectacle après quelque chose comme trois pièces, de se promener dans l’endroit avec le doigt d’un de ses « fans » bien inséré dans l’anus, de se promener nu en pleine rue, en plein jour, de lancer une cannette de bière sur un autobus de la ville. En outre, il semblerait que Allin a offert une prestation plutôt scatologique au Shock Art Festival de Montréal, le 22 mai 1988.

Beaucoup ne voient en Allin qu’un provocateur puéril en manque d’attention. Oui, son côté provocateur est indéniable. Mais pour lui, le rock n’ roll avait perdu son aura de dangerosité et il faisait ce qu’il jugeait nécessaire pour ramener cet élément dans la musique. Alors, provocateur facile ou ambassadeur du rock? Je suis persuadé qu’il croyait vraiment en sa philosophie: je veux dire, qui irait aussi loin dans l’autodestruction simplement pour épater la galerie? Les conséquences de ses gestes avaient de réels impacts sur sa santé. Quoi qu’on pense du personnage, force est d’admettre qu’il a haussé la barre à un niveau très élevé, en ce qui a trait aux limites de ce qu’un musicien peut accomplir sur scène. Et même dans les rues.

Pour ce qui est de sa musique, je n’aime pas ce que j’en ai entendue. En fait, je ne connais personne qui l’apprécie. Un punk rock/hardcore gueulard, sans talent et sans intérêt. Mais le personnage fascine. Le documentaire Hated (1994), de Todd Phillips (Road Trip, 2000; Old School, 2003 et plusieurs autres), présente un survol de la vie et de l’œuvre de cet artiste décadent. Je n’approuve pas tout ce que Allin a fait, mais je dois admettre que, dans l’histoire du rock, il occupe une place unique. Une place tordue, malsaine, mais unique tout de même. Si vous voulez voir l’homme en action, tapez son nom dans Youtube et vous aurez accès à de nombreuses vidéos. Préparez-vous toutefois à être choqué.

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