Spectacle: Priestess et Voivod au Vieux-Port de Montréal

Dans le cadre de l’évènement M pour Montréal, plusieurs groupes ont donné des spectacles gratuits les 4 et 5 septembre au Vieux-Port de Montréal. Ainsi, Priestess et Voivod clôturaient les activités du samedi. Ayant eu vent de ce spectacle grâce à une affiche, alors que je déambulais dans les rues de la métropole, j’ai décidé que je ne pouvais manquer une telle occasion.

Du moment où j’ai posé le pied sur le site de l’évènement, au Quai Jacques-Cartier, à celui où je suis arrivé devant la scène, à la seconde près où Priestess commençait à rocker l’endroit, la foule avait au moins doublé de volume, passant de plusieurs centaines d’amateurs à probablement plus de mille. Mais où se trouvaient donc tous ces gens, quelques minutes auparavant? Au total, Priestess a joué neuf pièces, dont le succès Lay Down (Hello Master, 2006). Celles du début offraient davantage des atmosphères « stoner », plus décontractées. Un choix que le public a apprécié, à en juger par les odeurs qui en émanait. On était peut-être en septembre, mais ce soir-là, j’aurais juré qu’on était au printemps.

Puis, après avoir envoûté le public avec des rythmes plus planants, le groupe a pris un virage agressif, avec des chansons plus énergiques. Les spectateurs plus motivés ont alors formé un pit devant la scène. Quelques-uns ont même bodysurfé avec enthousiasme. Même si les musiciens ne se déplaçaient pas beaucoup, même s’ils interagissaient peu entre eux, ils semblaient malgré tout heureux de participer à M pour Montréal. En outre, leur comportement minimaliste démontrait néanmoins un savoir-faire évident. Dans ce cas-ci, la courte durée de leur prestation a penché en leur faveur. Cependant, dans le cadre d’un plus long spectacle, ils ne sauraient maintenir l’intérêt de la foule avec une telle démarche: ils doivent donc apprendre à bouger davantage, à rendre leur présence plus imposante. À noter que trois des membres du quatuor ont chanté (les guitaristes Mikey Heppner et Dan Watchorn, de même que le batteur Vince Nudo), ce qui a ajouté une touche originale à leurs efforts. Efforts difficile à définir, par ailleurs, pour un groupe stoner rock. Par moments, on entend Kyuss (période Blues For The Red Sun, 1992), Trouble (dans certains solos) et du doom Sabbath-esque évoquant celui pratiqué par les groupes sur Hellhound Records (ex. Blood Farmers et Iron Man). Priestess joue toutefois avec plus d’agressivité qu’eux, ce qui lui confère un son particulier. Stonercore? Et en avant les débats sémantiques…

Ah, Voivod. Les pionniers du métal québécois. Les légendes. Je n’avais pas vu le groupe en spectacle depuis 1996, alors qu’il était mené par Eric Forrest; c’est dire à quel point j’avais hâte de le revoir. Et je n’ai pas été déçu. Voivod a volé la vedette. J’ai rarement vu des musiciens aussi proches, aussi heureux de partager une scène. Le guitariste Daniel Mongrain s’intègre parfaitement dans l’univers de Voivod: son indéniable virtuosité, son attitude d’ouverture face au public, sa passion pour le métal font de lui le digne remplaçant de Denis « Piggy » D’Amour. D’ailleurs, le vocaliste Denis « Snake » Bélanger a rendu un vibrant hommage à Piggy, en soulignant le cinquième anniversaire de son décès (survenu le 26 août 2005, des suites d’un cancer). Déjà cinq ans… Bélanger a demandé aux spectateurs d’avoir une pensée pour le fameux guitariste, lorsqu’ils écluseront les litres de bière plus tard dans la soirée. Les nombreux « devil’s horns » qui ont alors bondi dans les airs ont confirmé que la mémoire de ce musicien si précieux pour le métal québécois allait être généreusement honorée. Un moment touchant, authentique, respectueux et chic.

La prestation de Voivod a été monumentale. Les quatre complices ont joué huit pièces de superbe thrash progressif avec énergie, passion, talent et conviction. Ils avaient beaucoup de plaisir et ce plaisir était contagieux. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Rien ne les aurait arrêtés, pas même le fort vent qui balayait le Vieux-Port et l’occasionnelle bruine légère, tant ils carburaient à la magie de l’instant. Ils ont conclu ce trop bref passage à Montréal avec l’incontournable Astronomy Domine (Nothingface; 1989). Hélas, le couvre-feu de 23 heures a forcé la fin du spectacle. Dommage.

Je regardais les membres de Voivod jouer et je me disais que pour eux, une soirée comme celle-là devait être comme une douce revanche sur l’adversité, sur les difficultés du passé, sur les tribulations qu’ils ont vécues au fil des années. Ils peuvent maintenant jouir des fruits de leur dur travail, ils peuvent apprécier à sa juste valeur la notoriété qui les accompagne aujourd’hui. J’étais fier d’eux, de ce qu’ils ont accompli, de ce qu’ils représentent pour le métal québécois, j’étais fier d’écouter du métal. Merci pour tout, Voivod.

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