L’art d’acheter un disque en se fiant seulement à la pochette

Pratique en voie de disparition (ou de mutation), acheter un disque en se fiant seulement à la pochette constitue un art en soi. Vous mettez les pieds dans un magasin ou sur le site d’une vente de garage et vous fouillez les piles d’albums à la recherche d’un groupe potentiellement intéressant. Quels critères devraient alors influencer votre décision d’acheter ou non un disque? Il peut y en avoir beaucoup, mais ceux qui suivent m’ont toujours bien servi. Je précise cependant que l’efficacité de chaque critère dépend avant tout de votre degré de connaissances musicales. Plus vous êtes versé dans un style (dans le cas présent, le métal), plus vous saurez comment tirer le maximum de chacun. Le métal possède ses thèmes de prédilection (tant musicaux que visuels que littéraires) et, une fois que vous les connaissez, vous avez plus de facilité à jauger de ce qui se trouve sous vos yeux. En outre, chaque critère n’est pas infaillible, chacun possède sa part d’exceptions et vous devez en tenir compte lorsque vous les utilisez.

Enfin, un seul critère peut parfois révéler avec une grande justesse la nature d’un album. D’autres fois, vous devez recouper plusieurs éléments pour cerner cette nature. En bout de ligne, chaque cas est unique. Sur ce, je vous propose mes critères lorsque je veux acheter un disque en me fiant seulement à la pochette:

– 1) Le nom du groupe: les noms en -tion = death métal. Les noms en finnois, norvégien ou suédois = black métal. Les noms qui évoquent le désespoir: une des formes du doom métal. Crystal Viper = heavy/power métal. Etc.

– 2) Le logo: si je ne peux lire le logo, je suppose alors que je me trouve en présence d’un groupe de death métal ou black métal. La différence, c’est que le logo death métal ressemblera à une variation de celui de Cannibal Corpse ou de Carcass, alors que celui du groupe de black métal sera inspiré de celui de Darkthrone.

– 3) Le titre de l’album et des pièces: certains styles se devinent par les mots utilisés dans les titres de l’œuvre. Quand je lis des mots comme « Satan », « death », « winter » ou « corpse », je pense plus à un groupe de death métal ou black métal qu’à un groupe comme Dream Theater. Des mots comme « society », « freedom » et « revolution » évoquent davantage une formation de thrash/punk/crossover à la Cro-Mags ou Sick of it All, tandis que « Sword », « magic » ou « elves » renvoient à des groupes power métal/métal symphonique à la Rhapsody Of Fire.

– 4) Le dessin ou motif de la pochette: une pochette montrant un humain en train d’être démembré signifie assurément un disque de death métal ou de goregrind. Si elle arbore un dragon ou un personnage à la Conan, je peux gager un deux qu’il s’agit de power métal. Et ainsi de suite.

– 5) La photo de groupe: l’apparence des musiciens donne de nombreux indices — généralement très fiables — sur le style pratiqué. Des ceintures de balles? Thrash métal allemand ou black métal old school. Du « corpsepaint »? Du black métal. Un look « gars de shop avec un gasket »? Du métal nord-américain.

– 6) La compagnie de disque: plusieurs compagnies sont associées à une certaine esthétique musicale: Relapse Records, Nuclear Blast Records, The End Records, Victory Records, Razorback Records, The Laser’s Edge, etc. Bien sûr, une compagnie comme Nuclear Blast Records compte des groupes de différents styles, mais d’ordinaire, ils possèdent un minimum de mélodie dans leur démarche.

– 7) L’année de parution: si je vois 1979 à l’endos de la pochette, je sais que le résultat ne sera pas très agressif. Plus hard rock que métal. Peut-être un peu doom à la Black Sabbath, au mieux. De plus, dans le cas d’artistes ayant une longue carrière, les premiers albums sont souvent les meilleurs (ex. Scorpions). Il importe donc de savoir à quel moment les musiciens ont débuté leurs activités pour effectuer un choix judicieux.

– 8) Les noms des musiciens: Lars, Björn, Anders, Ville ou n’importe quel nom qui se termine en -sson ou -nen = Scandinavie, donc probablement un groupe death à la Stockholm/death mélodique/gothique/dark métal. Quand c’est Bestial Sodomizer From Black Hell, je suis sûr à 99,9 % qu’il s’agit de black métal. Quand c’est Steve Johnson, je me dis que c’est sûrement du métal nord-américain à la Pantera.

– 9) Le nom de l’ingénieur de son: Scott Burns, Tomas Skogsberg, Neil Kernon, Andy Sneap, Jean-François Dagenais, etc. Le nom constitue une marque en soi: chaque ingénieur se spécialise habituellement dans un certain créneau (par exemple, Burns = death métal floridien), alors si vous avez déjà entendu des exemples de son travail, vous aurez une idée du style musical du disque que vous avez entre les mains. Dans le même ordre d’idée, le nom du studio peut révéler bien des informations. Ces deux critères sont très liés, car les ingénieurs de son possèdent très souvent leur propre studio.

– 10) Le nom de l’artiste qui a réalisé la pochette: quand je vois le nom de Dan Seagrave associé à un album, je suis pratiquement sûr que ce sera du death métal.

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