Classique oublié: Fleshcrawl – « Made of Flesh »

Autant j’adore la variété sur un album, autant je peux apprécier un grand nombre de variations sur un même thème. Or le quintuor allemand Fleshcrawl a adopté l’approche qui consiste à prendre une idée et en explorer toutes les possibilités. Made of Flesh (2004), son septième opus, propose dix superbes pièces de death métal à la fois brutal et mélodique qui se ressemblent toutes. En surface, du moins. Car quand on leur consacre assez de temps, on constate qu’elles affichent juste assez de personnalité pour se démarquer les unes des autres, grâce à des détails subtils, mais qui font toute la différence.

Chacune des pièces comporte des idées musicales intéressantes, ce qui permet à Made of Flesh de se distinguer des centaines, voire des milliers d’albums de death métal sans caractère. Made of Flesh repose sur des dynamiques savamment exploitées, agencées de façon à rendre l’ensemble plus mémorable, sans rien enlever à sa férocité. Ainsi, des hymnes furieux (Made of Flesh, Damned in Fire) côtoient des compositions plus mélodiques (Beneath A Dying Sun, Into the Depths of No Return), sans pour autant que les quarante minutes du disque ne souffrent de rupture dans leur continuité. Cet équilibre, difficile à atteindre, constitue le fil conducteur de cet assaut sonore.

Les guitaristes Mike Hanus et Oliver Grbavac, servi par un fantastique son inspiré du classique son Stockholm (« buzzsaw »), vomissent excellent riff par-dessus excellent riff, pendant que Sven Gross grogne avec une puissance et un enthousiasme percutants. Le bassiste Tobias Schick soutient avec aplomb les efforts de ses confrères grâce à son jeu monolithique, tandis que le batteur Bastian Herzog vient compléter ce brillant et violent exercice avec des blast beats efficaces et des rythmes solides. Par ailleurs, la pochette de Made of Flesh évoque parfaitement l’ambiance du disque. Si vous la verriez dans un magasin et que vous concluiez qu’il s’agit d’un album de death métal, vous auriez raison. Dans ce cas-ci, on peut juger le livre à sa couverture.

Made of Flesh est laid, sale et barbare. Et c’est pourquoi il est aussi remarquable. C’est comme ça que le death métal mélodique doit sonner. Certes, Fleshcrawl n’innove absolument pas, surtout pas en matière de paroles. Mais ce qu’il fait, il le fait foutrement bien. Fleshcrawl, avec Dismember et Kataklysm, remplit la promesse qui accompagnait les groupes de la vague de death métal Gothenburg, soit celle de créer une musique basée sur un précaire équilibre entre mélodie et agression. Promesse qu’ils n’ont trop souvent pas réussi à tenir durant l’évolution de leur carrière (par exemple, In Flames). Made of Flesh remplit non seulement cette promesse, mais il en donne encore plus.

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