Démolicieux: Neurodelirium – « Delirogenic Morbidity »

Originaire de Québec, Neurodelirium a lancé sa seule démo, Delirogenic Morbidity, en 1992. Je l’avais achetée à sa sortie, après avoir mis la main sur un flyer qui en moussait la promotion. Une autre époque.

La première chose qui frappe en écoutant cette cassette est que les quatre pièces auraient pu se trouver sur un démo perdu d’Atheist, dans sa classique période Piece Of Time (1989). Par contre, les trois premières (About Massacre; Era Of Decadence; Overcast Presence) s’avèrent interchangeables. Des riffs collés les uns aux autres, sans fil conducteur. Dommage. Elles contiennent néanmoins plusieurs bonnes idées, jouées par des musiciens de toute évidence habiles, mais qui n’ont pas encore exploité leur plein talent. Toutefois, la dernière, Utmost Refinement, parvient à réunir avec succès les éléments d’une bonne pièce de death métal technique: des riffs complexes, des arrangements élaborés, des démonstrations de talent musical, une certaine mélodie dans la brutalité qui crée une mémorabilité.

Le principal problème de Delirogenic Morbidity réside donc dans le fait que les membres du trio québécois n’avaient pas encore maîtrisé l’art de créer une pièce complète et puissante, comme AtheistCynic ou Death le réussissaient si bien. En bon français, on dirait qu’ils étaient not there yet. Ils avaient les ingrédients; il ne leur manquait qu’une recette. Neurodelirium appartient à cette catégorie de groupes qui se sont séparés trop tôt, sans avoir pu réaliser un potentiel énorme dans le genre death métal technique, comme Embrionic Death (quelqu’un se rappelle de sa démo de 1993, Stream Of Solidarity?). Neurodelirium a changé son nom pour Dislocation, en 1992, et a lancé trois démos par la suite, soit Into The Horror (1993), Blazing Winds (1994) et Prophetic Tape (1995), avant de se séparer pour de bon.

En terminant, la production de Delirogenic Morbidity est plutôt équilibrée, aérée, typique d’une démo de cette époque; on parle après tout de cassette audio. N’empêche que même en tenant compte de ce fait, je ne peux que grincer des dents en entendant le son d’une certaine cymbale : on jurerait qu’elle est cassée. Vraiment irritant.

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